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les petits cambodgiens se mettent à l'ess...Posté par JAZZROCKCAFE le lundi 09 août 2010
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« Je pense qu'il va y avoir au Cambodge une école de rugby. » Ainsi s'est exprimée, à l'issue de la réunion, Anne-Geniève Roger, responsable de l'association PSE en Languedoc. Tout démarre quand Marie-France et Christian des Pallières créent Pour un sourire d'enfant , révoltés par les conditions de vie de ces gamins cambodgiens, entassés dans les décharges de Phnom Penh, la capitale. Dix-sept ans et 6 500 parrains plus tard, les distributions de nourriture ainsi que les structures éducatives et médicales apportées par l'ONG sont devenues essentielles. Cependant, le développement des enfants dont « l'âme reste brisée » par l'héritage de la dictature des Khmers rouges, pour Bertrand de Gaulejac, ancien président de l'association en Midi-Pyrénées, passe aussi par le
jeu. De fil en aiguille, le rugby s'impose grâce à ses valeurs morales fortes : respect, amitié, combativité. Après des débuts modestes, il est aujourd'hui question de créer une véritable structure rugbystique. François Trinh-Duc, l'ouvreur international du MHR, présent lors de la réunion, se manifeste le premier pour apporter son soutien. Après un voyage au Cambodge en juillet dernier, il réalise pleinement le défi de PSE : « D'ici, les choses paraissent un peu lointaines. » Mais, « la joie et l'envie des enfants, malgré leur tristesse » lui donnent envie de poursuivre l'aventure. Et cela passe par un encadrement bien plus strict du jeu : « En mêlée par exemple, cela peut être dangeureux sans éducateurs. » PSE compte réellement sur le demi d'ouverture pour mobiliser le club du MHR à sa cause et récolter des fonds : « La balle est dans votre camp. »
Le génocite en BD..Posté par JAZZROCKCAFE le lundi 02 août 2010
Le procès de Douch, ancien dirigeant khmer rouge génocidaire, vient de s’achever. Au Cambodge, comme pour le Rwanda, l’ex-Yougoslavie ou Auschwitz, la bande-dessinée sert le travail de mémoire.
Avec le procès de Douch, qui s’est achevé lundi dernier par la condamnation à 35 ans de prison de l’ancien responsable du camp S-21, le génocide cambodgien est revenu sur le devant de l’actualité. Cet épisode terrible de l’histoire du Cambodge, entre 1975 et 1979, durant lequel près de 2 millions de personnes périrent, n’est pas très bien connu en France. L’amateur de bandes-dessinées peut pourtant trouver facilement matière pour mieux réviser son Histoire. Car le génocide cambodgien, comme d’autres événements historiques similaires, à commencer par la Shoah, a suscité l’attention d’auteurs du neuvième art, déterminés à utiliser les cases et les bulles pour témoigner des événements.

L’oeuvre la plus connue sur le génocide perpétré par les Khmers Rouges est la trilogie signée par Séra, Impasse et rouge, L’eau et la terre et Lendemains de cendres. Si le premier ouvrage n’aborde pas directement le génocide, se concentrant sur la guerre civile au Cambodge, le second album y est directement dédié. A travers différents récits l’auteur tente de donner une image plurielle et donc la plus juste possible des événements. On retrouve d’ailleurs ce procédé de la mosaïque de témoignages et des histoires entremêlées dans de nombreuses bandes dessinées consacrées à des génocides. L’album a été récemment traduit en khmer et distribué au Cambodge. Comme son nom l’indique, la troisième bande dessinée parle de l’après-génocide. Toute l’œuvre de Séra est minutieusement documentée d’archives et de témoignages, un trait également commun à de nombreuses BD mémorielles du même type.
On ne badine pas avec les génocides.
A propos de Pol Pot et de sa bande, j’avais déjà eu l’occasion de vous parler un peu de Palaces, de Simon Hureau. A l’occasion d’un voyage dans le pays, l’auteur tient un carnet de croquis comme le font beaucoup de ses condisciples dès qu’ils bourlinguent. Mais là où l’on retrouve souvent un peu de tout, des “choses vues” à l’intérêt divers, Hureau se concentre sur les hôtels abandonnés dont il croise la route, et qui servaient de lieux de détention et de torture aux Khmers Rouges. Trente ans après, le silence y est toujours aussi glaçant et le dessinateur, à travers de funestes encres et lavis, m’a donné la chair de poule.
La référence Maus
Le génocide auquel tout le monde pense en premier lieu est celui qui a frappé les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Et c’est, assez logiquement, celui qui a donné lieu à la bande dessinée de mémoire la plus connue, Maus d’Art Spiegelman. Récompensée par deux fois par le prestigieux prix Pullitzer (en 1986 pour son premier tome et en 1992 pour le second), l’œuvre est constituée par du témoigage direct du père de l’auteur, qui a été déporté avec sa famille dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. La bande dessinée fit date à la fois pour son sujet en tant que tel mais également pour la manière dont Art Spiegelman l’a traité. L’auteur est à la fois très précis dans ses descriptions de l’organisation du camp, dans sa façon de raconter l’horreur quotidienne et en même temps il n’héste pas à adopter certains parti-pris artistiques, le plus visible étant celui de dessiner les Juifs en souris et les nazis en chats.

Spiegelman, issu de la même mouvance du comic underground que des auteurs comme Robert Crumb ou le récemment disparu Harvey Pekar, laisse aussi libre cours à ses propres états d’âmes. Ainsi, sa relation avec son père, survivant égocentrique qui étouffe complétement son fils, est autant explorée que l’histoire même du père. Il raconte ses épisodes dépressifs à la rédaction de l’ouvrage tout comme il livre son regard ambivalent sur le succès que rencontre son oeuvre. En ouverture du second tome, il se dessine ainsi en auteur acablé par les demandes de toutes parts, entouré par des goodies stupides autour de son oeuvre.
Si l’on peut signaler de nombreuses autres BD consacrées à la Shoah (La fille de Mendel de Martin Lemelman ou Auschwitz de Pascal Croci), Maus est de loin la plus connue et reconnue, et son influence est grande sur tous les auteurs qui ont souhaité traiter d’un génocide. Dans la même veine graphique, comment ne pas mentionner Joe Sacco qui évoque en creux l’épuration ethnique en Bosnie dans Gorazde et qui, si on ne peut parler de génocide, vient de consacrer un magistral ouvrage à un massacre perpétré par l’armée israélienne à Gaza en 1956.

(Gorazde de Joe Sacco)
Le Rwanda, le témoignage encore vivace
La bande dessinée est un outil formidable pour lutter contre l’oubli des crimes contre l’humanité. Plus accessible qu’un livre, elle permet, à l’instar des films de fiction ou des documentaires, de mettre en images la grande Histoire à travers la petite histoire de ceux qui l’ont vécue. Dans le cas du Rwanda, la proximité temporelle avec les événements a permis aux auteurs de bande dessinée de se nourrir de témoignages bien vivaces. Dans Sourire malgré tout, l’auteur rwandais Rupert Bazambanza raconte l’histoire de ses amis, les Rwanga, une famille Tutsi avec qui il vivait. Le témoignage est ici direct, l’auteur se met même plusieurs fois en scène dans son album. Dans un article bien documenté, l’expert en bande dessinée africaine Christophe Caussiau-Haurie signale d’autres productions authentiquement rwandaises sur le génocide mais déplore qu’”au Rwanda peu d’ouvrages pour la jeunesse ont été consacrés au génocide“.
En France, on connaît beaucoup mieux celles écrites sur le sujet par des européens. Comme Séra avec le Cambodge, le belge Jean-Philippe Stassen en a écrit trois sur le sujet: Deogratias, Pawa et Les enfants. La première est centrée sur un jeune enfant à moitié fou, qui se souvient par flashes des terribles événements auxquels il a été confronté. Une oeuvre dont la naïveté du dessin et du propos (la BD n’est pas du tout didactique) peuvent désorienter mais à la force évocatrice certaine. A l’inverse, Pawa, qui mélange textes et dessins, est une réflexion profonde, à froid, sur les origines du génocide rwandais, comme pour compenser les manquements de son premier album. Le troisième, Les enfants, vient conclure l’ensemble en racontant comment des gamins peuvent sombrer dans la violence.
Sur le Rwanda, j’ai été particulièrement marquée par la bande dessinée Rwanda 1994 . Scénarisée par Cécile Grenier et Ralph et dessinée par le congolais Pat Masioni (dont je vous ai déjà parlé ici), elle raconte avec force détails sanglants l’horreur de la guerre civile au Rwanda. Outre la qualité des dessins et du scénario, qui une fois de plus évoque les événements à travers plusieurs histoires croisées, la bande dessinée se signale par une position affirmée sur le rôle de l’armée française dans le génocide rwandais. Ainsi, les auteurs n’hésitent pas à montrer des soldats français apporter une aide directe au massacre des Tutsis par les Hutus, tirant sur des civils au besoin.
Génocides arménien ou tzigane, des BDs contre l’oubli
Certains génocides sont bien moins connus que les horreurs que l’on vient d’évoquer, en particulier ceux qui ont touché les Armeniens en 1915 et les Tziganes pendant la Seconde guerre mondiale. Là encore, le neuvième art permet de lutter contre l’oubli. Dans Tsiganes, l’auteur Kkrist Mirror raconte le sort de 3000 Tziganes français internés, sous l’Occupation, au camp de Montreuil-Bellay près d’Angers. Si l’ouvrage ne décrit pas l’extermination des nomades, il rappelle le rôle de l’Etat français dans l’internement des gens du voyage dans ce camp aux conditions de vie prorpement indignes. Dans un registre plus joyeux, Mirror a consacré un autre ouvrage aux Tziganes, Gitans, où il décrit le pèlerinage annuel des gens du voyage aux Saintes-Maries de la Mer.
Les ouvrages consacrés au génocide arménien, s’ils sont un peu plus nombreux, restent loin d’être pléthoriques. En France, l’ouvrage Sang d’Arménie, publié il y a près de 25 ans par Guy Vidal et Florenci Clavé, a longtemps fait figure d’exception. Un reporter canadien, Law Breaker, assiste aux débuts du génocide en Arménie et prend même les armes pour lutter avec les opprimés. Mais impuissant, il finit par quitter le pays. Récemment, le génocide arménien a fait l’objet d’un autre album édité en France, Medz Yeghern, par l’italien Paolo Cossi. Le jeune auteur raconte à Bodoï qu’il ne connaissait rien du génocide encore deux ans avant d’écrire son ouvrage. Mais parce qu’un ami travaillant en Turquie lui en a parlé, il a commencé à s’y intéresser et à lire des livres ou regarder des films sur le sujet, expliquant sa démarche de manière très simple:
“Il n’est pas forcément nécessaire d’être proche des gens pour partager leur douleur. Mais de nombreuses personnes autour de moi ont été étonnées que je veuille faire une BD sur le génocide arménien, qui est complètement ignoré en Italie. Pour moi, il était donc très important de raconter cette histoire, car c’est un crime contre l’humanité, un crime qui touche tout le monde.
Et par une BD de contribuer, ainsi, au devoir de mémoire.
Posté par JAZZROCKCAFE le mardi 27 juillet 2010

Condamné à 35 ans de prison pour crimes contre l'humanité, l'ex-chef de la prison de Phnom Penh va faire appel
Kaing Guek Eav, dit "Douch", était le chef du centre de torture S-21 où plus de 14.000 personnes ont trouvé la mort durant le régime khmer rouge (1975-79).
Le tribunal l'a condamné à 35 ans de prison mais ajouté qu'il ne purgerait que 30 ans, sa détention de cinq ans par l'armée cambodgienne ayant été jugée illégale.
Douch reconnu coupable de meurtres, tortures et crimes contre l'humanité
Ce verdict est le premier rendu par cette cour mixte mise en place par la justice cambodgienne et les Nations unies et a été diffusé en direct par la télévision cambodgienne.
Le spectre des khmers rouges est encore tangible.
Quatre autres anciens dirigeants khmers rouges doivent comparaître pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité: l'ancien président Khieu Samphan, le "Frère numéro deux" Nuon Chea, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et l'épouse de ce dernier, Ieng Thirith.
Problème, outre les processus administratifs lents et pesants, l'obstacle à ces nouveaux procès pourrait venir, estiment les analystes, du gouvernement cambodgien, qui n'a jamais totalement appuyé le tribunal et a encore des liens historiques avec le régime khmer rouge.
Le ministre des Finances Keat Chhon a admis avoir servi d'interprète pour Pol Pot, tandis que son collègue des Affaires étrangères Hor Namhong a été accusé d'avoir dirigé un centre de détention, ce qu'il nie.
Les analystes les croient enclins à gêner les enquêtes et les activités du tribunal. Le Premier ministre Hun Sen, lui-même ancien simple soldat khmer rouge, a même mis en garde contre un risque de nouvelle guerre civile si l'enquête du tribunal se penchait trop sur les horreurs commises par Pol Pot, le "Frère numéro un", mort en 1998 sans avoir eu à répondre de ses actes.
08 H 47





