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A coeur ouvert au Cambodge..Posté par JAZZROCKCAFE le dimanche 03 janvier 2010
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Vingt ans après le lancement de La Chaîne de l'espoir, tous les jeunes patients cambodgiens qu'elle prend en charge sont opérés dans leur pays. retour à Phnom-Penh avec le professeur Alain Deloche. Il faut dégrafer le chemisier rose à pois blancs pour apercevoir la cicatrice qui court, nette, sur la peau brune. "C’est moi qui ai opéré cette jeune fille? ça va, c’est pas mal. Je me tue à le répéter aux médecins que je forme: “Ne démarrez pas l’incision trop haut.” Sinon, elle se voit dans le cou et la patiente ne pourra jamais trouver de mari." Quitte à sauver la vie d’une gamine, autant lui écrire, de la pointe du bistouri, un bel avenir sur le cruel marché du cœur. Alain Deloche, chirurgien de renom et French Doctor historique, fondateur il y a vingt ans de La Chaîne de l’espoir*, qui prend en charge à travers le monde des enfants cardiaques, est de passage à Phnom-Penh, où l’association s’est particulièrement investie.
A chaque séjour dans la capitale cambodgienne, "Professeur Alain", comme l’appelle le personnel de sa petite ONG atypique, vient fureter à la consultation rituelle de l’après-midi. St"hoscope en main, il flaire la toux, le souffle, le ronflement suspect. Le centre de cardiologie ultramoderne qu’il a fait construire et inauguré en 2001 fonctionne désormais sans lui. Mais, à 69 ans, Alain Deloche, que son vieux compère de Médecins sans frontières Bernard Kouchner surnomme "Briques-Ciment"– comme en clin d’œil à sa boulimie créative – n’a aucune intention de raccrocher la blouse blanche. Lui, le gosse insupportable, mauvais élève, fugueur, éternel opposant, est "entré en médecine comme on entre en religion".
"C’est notre raison d’être, ces gamins-là"
Ce mardi 1er décembre, au milieu de la consultation, Deloche tombe par hasard sur Heng Sokha, 24 ans, une paysanne originaire de la province de Kandal, opérée par ses soins à Paris en 2001 et venue à Phnom-Penh faire son bilan de santé annuel. Aujourd’hui guérie, elle souffrait d’un rhumatisme articulaire aigu, maladie de la pauvreté désormais éradiquée en Occident grâce aux antibiotiques mais qui fait encore des ravages au Cambodge, comme en Afrique ou en Afghanistan. Des angines mal soignées, des maux de dents qu’on laisse traîner et le streptocoque se faufile jusqu’au cœur. "C’est notre raison d’être, ces gamins-là", commente le chirurgien. Il rouspète lorsqu’on lui demande quel aurait été le destin de Heng Sokha sans son coup de scalpel magique. "Faut pas vous faire un dessin, quand même? Elle serait morte." Il n’y a que dans les reportages télé qu’il cède à la séquence émotion. Que ne ferait-on pour attendrir le téléspectateur-donateur potentiel? Loin des caméras, Alain "Téloche" – ses copains ont inventé cet autre surnom – affiche une pudeur bourrue. Minuscule à son côté, la miraculée s’incline devant le géant à la tignasse blanche: "Je suis très reconnaissante. J’avais peur, mais tout s’est bien passé. J’ai été accueillie avant et après mon opération dans une famille française très gentille et j’ai même pu voir un peu Paris."
Des pathologies cardiaques dues à la misère
Pourtant moins bondée qu’à l’ordinaire en cette période de récolte du riz, la salle d’attente ne désemplit pas. Chaque année, rien qu’au Cambodge, La Chaîne de l’espoir reçoit quelque 4 000 enfants en consultation et finance plus de 200 opérations. La moitié des petits patients souffrent de pathologies cardiaques dues à la misère, l’autre de malformations congénitales, souvent détectées in utero dans les pays riches et opérées avant l’âge de 1 an. Formé en France, le docteur Sok Phang examine justement un bambin dont la toux et le retard de poids inquiètent sa maman. A l’aide d’un échographe portatif, le cardiologue cambodgien met au jour un orifice anormal dans le cœur de l’enfant. Aussi fier de son ancien élève, "un surdoué de la médecine", que de l’appareil portable dernier cri, Alain Deloche confirme que l’opération est inéluctable, dans quelques semaines, quand le bébé aura pris quelques kilos.
L’intervention à cœur ouvert sera réalisée dans la salle d’opération voisine, semblable à celle de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, où officie le professeur. "Ici c’est le paradis, tout est standardisé. Les protocoles sont respectés. Le taux de mortalité est le même que dans les établissements français." Le spécialiste parisien a tout simplement transplanté une copie de son propre département de chirurgie cardiaque au cœur de l’hôpital Calmette, le plus grand de la ville. Cet îlot de prospérité fait rêver les chefs des autres services de l’établissement. Condamnés à diriger des mouroirs, ces derniers doivent se battre pour trouver de l’aspirine et des compresses.
Terminés les voyages épuisants vers la France
La greffe opérée par le Français a tellement bien pris que tous les jeunes patients épaulés par La Chaîne de l’espoir sont désormais opérés dans leur pays par des équipes cambodgiennes. Au début de l’aventure, ils effectuaient d’épuisants voyages vers la France où ils étaient hospitalisés loin de leurs familles. Ce mercredi 2 décembre, 9 heures, au bloc opératoire, des Khmers en tenues bleu et vert s’affairent autour d’un enfant endormi, en une chorégraphie parfaite. "On n’a presque plus besoin d’être là", glisse Alain Deloche, en regardant son héritier, le chirurgien Sot Kiet, ouvrir à la scie le thorax d’un petit malade. "En chirurgie, il me bat. Heureusement que je continue à rivaliser avec lui au tennis." Derrière le paternalisme bienveillant, on sent poindre le doute. Ici comme ailleurs, le monde humanitaire est en crise d’adolescence. Après avoir accueilli à bras ouverts les romantiques French Doctors, les Cambodgiens entendent désormais gérer eux-mêmes l’aide internationale sans laquelle le pays s’effondrerait.
Ne pas se fier à sa dégaine d’allumé: Deloche cache, dans la poche de son treillis beige, une cravate froissée. Armé de cet accessoire et d’un blazer bleu marine C & A aux boutonnières fatiguées, il vient de plaider sa cause auprès du ministre de la Santé cambodgien, en autodidacte de la diplomatie. "A terme, on se contentera de financer les opérations, mais il y a encore des choses à faire ici du côté administratif." Si les collaborateurs du Pr Deloche au Cambodge ont conscience de vivre une époque charnière dans l’histoire de la coopération Nord-Sud, la plupart s’inquiètent surtout de la baisse des dons venus de France. La très pointilleuse Mme Sy, qui dirige l’administration de La Chaîne de l’espoir, reçoit les enfants candidats à un suivi médical. "Je n’ai pas le droit de me tromper. Il faut débusquer les faux pauvres qui veulent se faire opérer gratuitement. Eh oui, il y a des arnaqueurs." Le week-end, la quinquagénaire arpente la campagne en voiture. De ses visites d’inspection surprise dans les villages aux maisons sur pilotis, elle rentre bouleversée. "Malheureusement, il y a plus de vrais pauvres que de faux."
Son collègue le cardiologue Sok Phang revient pareillement dépité de tournées de dépistage des maladies cardiaques en province. "Les familles misérables font confiance à des charlatans qui leur vendent des remèdes frelatés. Les angines mal soignées dégénèrent et je rencontre plein d’enfants essoufflés, affaiblis, qui n’ont pas la force de marcher 10 kilomètres pour aller à l’école. Si seulement j’avais les moyens de développer des actions de prévention pour développer l’utilisation des antibiotiques..."
"On risque de moins opérer en 2010, faute d’argent"
Ces temps-ci, Mme Sy est forcée de renvoyer chez eux un nombre croissant de jeunes malades. "2010 s’annonce difficile. On risque de moins opérer, faute d’argent, et la liste d’attente va encore s’allonger." Cette rescapée du génocide perpétré par les Khmers rouges comprend mal tout le battage autour du procès de Douch, l’ancien directeur du centre de torture S-21. Comme nombre de Cambodgiens, elle estime préférable de ne pas trop "remuer le passé". Surtout, elle a calculé que la communauté internationale, qui a dépensé quelque 170 millions de dollars (115 millions d’euros) pour financer les audiences, aurait pu construire un second hôpital pour les enfants à bout de souffle des rizières.
Preah Vihear: vision thaïlandaise..Posté par JAZZROCKCAFE le samedi 02 janvier 2010

Par Arnaud Dubus (correspondant régional de Libération)
"Nous adorons l'art khmer mais nous détestons les Khmers." Voilà, au moins, qui a le mérite d'être clair. Mais ce propos quelque peu provocateur tenu par Puangthong R. Pawakapan, une spécialiste thaïlandaise du Cambodge, capture l'essence de l'attitude thaïlandaise vis-à-vis de leurs "petits frères" du Sud, comme le montre le contentieux entre Bangkok et Phnom Penh sur le temple de Preah Vihear. Si la Thaïlande a perdu le procès devant la Cour internationale de justice de La Haye en 1962, c'est parce que "nos avocats ont commis une erreur", indique un ancien haut fonctionnaire du ministère thaïlandais des Affaires étrangères. Et si l'on interroge les professeurs de la faculté des lettres de l'université Thammasat, on se rend vite compte qu'il y a un consensus : "Ils n'acceptent pas l'arrêt de la cour de 1962. Ils estiment que Preah Vihear appartient à la Thaïlande", explique Thanet Aphornsuwan, professeur d'histoire d'Asie du Sud-Est.
Une "divergence d'interprétation"
A la base du contentieux sur l'arrêt de 1962, il y a, comme le rappelle Raoul M. Jennar, auteur d'une thèse sur les frontières du Cambodge, une "divergence d'interprétation", les Thaïlandais estimant que l'arrêt n'affirme pas la validité juridique des cartes dressées par les Français entre 1904 et 1907. Mais au-delà des arguties juridiques sur la "ligne de partage des eaux" et les relevés topographiques coloniaux, la relation douce-amère entre le Cambodge et la Thaïlande, qui s'est cristallisée autour du temple du IXe siècle, repose sur de profonds soubassements culturels, lesquels font plus appel à l'émotion qu'à la raison. "Le sentiment que les Cambodgiens ne sont pas dignes de confiance, qu'ils ne sont pas loyaux, est transmis de génération en génération", dit Puangthong. Pour les Thaïlandais, il est tout simplement difficile d'admettre "qu'un pays plus pauvre ait pu bâtir une grande civilisation comme Angkor".
Une récupération de la culture khmère par les Thaïlandais
Comme souvent en Thaïlande, des éléments contradictoires s'entremêlent : le sentiment de supériorité vis-à-vis du "cousin pauvre", mais aussi la volonté de thaïiser la culture khmère, d'en faire une partie de l'héritage national thaïlandais. Au milieu du XIXe siècle, le roi Mongkut (1851-186
Les blessures du passé
En outre, les blessures ressenties par le Siam pendant la période coloniale ont laissé un étrange traumatisme - étrange compte tenu des souffrances endurées par les pays qui ont été colonisés. "Pour toute une génération, la perte des trois provinces (Sisophon, Siem Reap et Battambang) après la Seconde guerre mondiale a été un symbole d'oppression et d'humiliation", dit l'architecte Sumet Jumsai, auteur d'un ouvrage sur l'art khmer. Avant et après l'arrêt de 1962, le gouvernement militaire de l'époque avait organisé une vaste campagne nationaliste à laquelle tout citoyen, quel que soit son âge, était appelé à participer.
Comme le montre une récente étude de Ladda Khetboonchu de l'université Chulalongkorn, c'est le gouvernement américain qui a fait pression sur les dictateurs Thanom Kittikachorn et Praphat Charusatien pour arrêter la frénésie nationaliste. "Les Américains craignaient que la campagne anti-khmer ne déborde alors qu'ils s'apprêtaient à envoyer des troupes au Vietnam", explique Thanet Aphornsuwan. "Du jour au lendemain, le gouvernement a ordonné que l'on arrête de chanter les chansons sur Preah Vihear."
Un ressentiment contre les Khmers toujours vivace
Quarante-six ans après, le thème fait toutefois encore recette si l'on en juge par la précipitation avec laquelle de nombreux groupements politiques ou de la société civile ont cloué au pilori le gouvernement de Samak Sundaravej pour avoir signé le communiqué conjoint khméro-thaïlandais sur l'inscription du temple au patrimoine mondial de l'Unesco. Même Abhisit Vejjajiva, le leader du Parti démocrate d'opposition - défenseur affiché de l'Etat de droit et du rationalisme démocratique - s'est joint à l'hallali. L'occasion était sans doute trop belle pour la laisser passer.
MISS CAMBODGE 2009-2010Posté par JAZZROCKCAFE le vendredi 01 janvier 2010

Alors que l'élection est interdite en Asie, depuis 10 ans, la chaîne de télévision Apsara TV l'organise chaque année. Cette année, elle est Mouvalloise et s'appelle Solyanna Poeung..
Solyanna Poeung n'en revient toujours pas, mais c'est bien elle que le jury et les téléspectateurs ont élue.
« Je me suis inscrite pour représenter mon pays que je vénère, que j'aime. J'ai voulu montrer la beauté cambodgienne en France, faire connaître ses traditions et sa culture », s'enthousiasme la jeune étudiante en licence d'anglais.
De père cambodgien, réfugié politique, arrivé en France en 1977, et de mère italienne, Solyanna a toujours baigné dans la culture asiatique. Depuis que son père a retrouvé son frère, le seul rescapé de la famille, l'étudiante est allée 5 fois dans « son pays ». « La culture européenne n'est pas trop de son goût, elle a toujours voulu partir là-bas, elle voulait être aide-soignante pour y aider les malheureux », confie le papa, Sothen Poeung.
« La première fois que j'y suis allée, je me suis sentie là où je devais être : sur ma terre », confirme la miss.
Dans le salon, sa mère et ses amies revisionnent l'élection qui s'est déroulée samedi 26 décembre à Bussy Saint-Georges, en région parisienne. « Quand on va au Cambodge, c'est déjà une star ! Là, ils vont la voir à la télé ! », sourit la maman. Au pays, la dernière élection officielle de Miss Cambodge a eu lieu en 1993. Après avoir un temps consenti à organiser une élection en 2008, le Premier ministre Hun Sen a finalement interdit d'utiliser le drapeau cambodgien ou le terme Cambodge pour toute élection de miss.
Mais depuis 10 ans, la chaîne cambodgienne Apsara TV et l'association d'aide aux handicapés du Cambodge organisent une élection en France tous les 2 ans.
« L'important c'est le Cambodge, mes origines »
La chaîne de télé, émise au Cambodge et en France par les « box » des fournisseurs internet, a diffusé en novembre et décembre une émission quotidienne, « À la recherche de Miss Cambodge ». Pour ce « reality show », Solyanna est allé 3 fois à Paris pour être filmée et photographiée.
« Il y avait 18 candidates, nous sommes allées une première fois au Moulin Rouge faire des photos et des vidéos tout un week-end. Nous avons aussi appris à défiler et à faire de la boxe, qui fait partie de la culture cambodgienne. » Une culture que la jeune femme, bouddhiste, résume par les mots « éducation, respect, honneur ». Solyanna rêve de partir travailler au Cambodge, peut-être pour y être traductrice. D'ici là, elle représentera son pays dans diverses manifestations tout en continuant son parcours d'étudiante. « Ça va sûrement un peu changer ma vie, mais je n'ai pas fait ça pour devenir mannequin ou participer à d'autres concours de miss.
L'important c'est le Cambodge, mes origines. ».
Vivement qu'elle retourne au pays !!
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