J'ai repiqué ça dans la presse, interressant..

P
hnom Penh (Cambodge), le 10 mai 2002. Prak Khan, ancien interrogateur khmer rouge, et MM. Poeuv et Phiep, gardiens, lors du tournage du film documentaire de Rithy Panh "S-21, la machine de mort khmère rouge", dont un extrait a été diffusé le 22 juillet dans le cadre du procès de DuchL'ancien interrogateur Prak Khan a maintenu à la barre, mercredi 22 juillet, ses déclarations de la veille. L'accusé a bien tenté de mettre à terre nombre de points de son témoignage, sans pouvoir, le plus souvent, opposer autre chose que sa propre parole face à celle de son ancien subalterne. Le témoin qui lui succède, un autre ancien membre de S-21, fait un passage éclair, sa déposition étant détournée par un débat animé sur la manière d'interroger un témoin et les temps de parole impartis à chaque partie.
Un ancien garde de S-21 charge Duch, au cours d'une déposition fragile
Troisième subordonné de l'ancien directeur de S-21 à passer à la barre, Prak Khan a formulé, mardi 21 juillet, des accusations précises contre Duch, malheureusement trop souvent étayées par un seul exemple. Les juges ont quant à eux relevé plusieurs contradictions entre sa déposition et des déclarations qu'il a antérieurement faites, ce qui laisse l'impression d'un récit devant la Chambre de première instance "reconstruit", qui se serait nourri de ce qu'il a pu entendre au cours du procès. A plusieurs de ses propos, l'accusé a semblé afficher une certaine incrédulité, esquissant des sourires amusés.
Him Huy, un autre témoin clé de l'accusation qui n'inquiète pas la défense

Une fois encore, lundi 20 juillet, le procès de Duch aura été perdu de vue. Le témoin Him Huy, proposé à la Chambre par le bureau des co-procureurs, est pris pour l'accusé. Un hors cadre dommageable à une meilleure compréhension du fonctionnement de S-21 dans son ensemble au vu des fonctions importantes qu'a occupées cet ancien Khmer rouge dans cette machine de mort, et qui acceptait de parler. On passe à côté de l'histoire, qui doit s'écrire avec ce tribunal et ne peut être dissocier du travail judiciaire. A trop vouloir mettre en cause son témoignage sur des points de détail ou qui le concernent directement, les parties ont discrédité ce cultivateur quinquagénaire qui aurait pu déstabiliser l'accusé par certaines révélations. La défense n'aura pas à faire beaucoup d'efforts pour dévaloriser ce témoignage. Un véritable cadeau fait à Duch, qui semble se délecter de ce spectacle. (Correction indiquée en italique dans l'article, suite à une confusion entre la zone Est et la zone Ouest)
Un ancien membre du personnel de S-21 plus causant, un président trop bavard
La Chambre de première instance a réglé les temps de parole impartis à chaque partie dans un objectif de meilleure efficacité, un principe que les juges devraient peut-être également appliquer à eux-mêmes. Le président Nil Nonn aura mobilisé, jeudi 16 juillet, plus des trois quarts de cette première journée d'audition du témoin Him Huy - laissant ainsi la portion congrue à ses collègues -, et avec des questions dont l'intérêt n'a pas toujours été compris. Le témoin, ancien membre du personnel de S-21, n'a quant à lui pas joué au chat et à la souris, à l'instar du chef des interrogateurs Mam Nay qui l'a précédé à la barre. Il ne dit cependant pas tout...